La Meije
fait partie de ces sommets qui dominent les autres, même ceux, peu nombreux
dans les Alpes, d'altitude plus élevée. Elle fait rêver,
qu'on l'ait gravie ou non. Comme au temps des pionniers, les Gaspard et le
jeune Boileau, la Meije est un aimant, un(e) amant(e) dont on attend, impatient,
de (re)découvrir la beauté.
Un granit orange, franc et sculpté. Un glacier perdu en plein ciel.
Des morceaux d'escalade célèbres, aux noms poétiques
(le Cheval Rouge). Des arêtes effilées, que l'on dirait prêtes
à basculer dans le vide. Sur lesquelles des funambules réinventent
l'apesanteur.
L'altitude, qui fatigue mais qui enivre. Le sentiment de la liberté,
celle de jouer avec les éléments, plutôt dans le ciel
que sur la terre. L'alpinisme, c'est simplement l'art de frôler les
nuages avec élégance.
Inventée il y a plus d'un siècle, la traversée de la
Meije en est l'exemple absolu.
Première
ascension :
E. Boileau de Castelnau avec Gaspard père et fi ls pour l'arête
du Promontoire en 1877. J.-H. Gibson avec U. Almer et F. Boss pour la première
traversée des arêtes (sens ouest-est) en 1891.
Equipement :
prendre crampons et piolet, petit jeu de coinceurs et corde de rappel.
Carte : IGN Top 25 n°3436 ET, au 1/25000ème
POUR EN SAVOIR PLUS :
Guide du Haut-Dauphiné, Massif des Ecrins, tome 1, par François
Labande, éditions de l'Envol, 1995 (en français).
Point
de départ :
refuge du Promontoire, 3082 m
Difficulté :
l'arête du Promontoire est cotée AD, mais l'ensemble avec la
traversée des arêtes mérite la cotation D.
Dénivelée :
près de 900 mètres pour l'arête du Promontoire et environ
200m pour la traversée des arêtes.
Période : juillet à septembre
Horaire : deux jours

Copyright : photos Mario Colonel - texte Jocelyn Chavy