“Un
mur lisse, droit et régulier” : c'est ainsi que Gaston Rébuffat
qualifiait la face nord-est du Badile, douze ans après la première
qui avait coûté la vie à deux des premiers ascensionnistes,
pris dans la tempête. Six heures du matin. Les longueurs s'enchaînent
malgré le froid dans les doigts. Le soleil vient lécher les
dalles de granit. Le seul cheminement possible, à ce niveau, Riccardo
Cassin l'avait déniché. Il n'y a pas d'autre fissure, d'autre
dièdre aussi marqué que ceux que l'on gravit au beau milieu
de la face. Comment ont-ils fait ?
Pas de spits, pas de chaussons d'escalade. Juste une volonté, et beaucoup
d'audace : celle d'inventer, de tracer leur voie jusqu'au sommet de ce gigantesque
entonnoir. Le Badile est un cadeau des grimpeurs des années 30. Une
des “six faces nord des Alpes”.
Et surtout un chef d'œuvre
d'escalade moderne !
POUR
EN SAVOIR PLUS :
Voir le topo (en anglais) de l'Alpine Club, Bernina & Bregaglia Selected
Climbs, 1995. Et aussi (en allemand), le topo de Jürg von Känel,
Schweiz-Italien Plaisir Sud, chez Filidor, 2000.
Point
de départ :
refuge Sasc Fourà (1904 m), dans le Val Bondasca, versant suisse du
massif du Bergell (Alpes centrales).
Difficulté :
TD, passages en VI (6a “à l'ancienne”).
Dénivelée : 800 mètres.
Période : fin juin à début septembre
Horaire : 6 à 8 h
Equipement : relais équipés, pitons dans les
longueurs. Prendre un jeu de coinceurs et de coinceurs mécaniques.
Première ascension :
R. Cassin, G. Esposito et V. Ratti ; M. Molteni et G. Valsecchi, en trois
jours de juillet 1937.
Carte : Carte Nationale Suisse n°1276, “Val Bregaglia”,
au 1/25000ème.
Copyright : photos Jocelyn Chavy - texte Jocelyn Chavy